Pour cette édition d’octobre (les 17 et 18 précisément) à la salle de Robien, le Carnavalorock a prouvé une fois de plus pourquoi il reste un rendez-vous incontournable dans le paysage musical briochin. Deux soirées bien remplies, deux ambiances électriques, et une programmation où se mêlent grands noms, découvertes explosives et grain de folie parfaitement assumé.
Festival familial et ouvert, solidement installé depuis des années, le Carnavalorock est devenu un rendez-vous incontournable et garde intact d’année en année cet esprit rock qui le caractérise : celui où l’éclectisme n’est pas un slogan, mais une ligne directrice. Fier de son ancrage local et des ses valeures ( que l’on ne re citera pas, si tu veux en apprendre plus sur l’histoire du festival on t’invite à lire la première partie de notre article ) le festoch promettait encore un weekend de folie ! Sur les deux soirs, on a retrouvé avec plaisir des groupes qu’on ne présente plus : Lofofora, (toujours aussi incisif et pêchus les parisiens aux 13 albums ont retourné le public avec une rage et un sens du partage qu’on leur connait bien), Silmarils (distillant leur son rock fusion alternatif depuis la fin des années 80), The Undertones (les pilliers de Derry qui, depuis 1975, n’ont rien perdu de leur amour de la scène )…Pour ne citer qu’eux. Des formations qui continuent, années après années, à défendre avec force les valeurs qui les ont vues naître. Le genre de concerts qu’on retient, qu’on raconte, et qui vieillissent aussi bien que celles et ceux qui les font vivre.
Mais le festival a également laissé une belle place aux nouvelles têtes et groupes plus discrets. Mention spéciale à Drama King ( notre mini interview est à découvrir par ici) , qui venait présenter son premier album et qui a largement confirmé tout le bien qu’on pouvait attendre d’eux : une présence affirmée, un son solide, et une vraie personnalité, c’était à n’en point douter car, si le projet est tout jeune, l’expérience de ses musiciens, elle (et notamment de son leader Kevin) , est déjà bien connue en Bretagne (Slim Wild Boar, The Decline) . Autre claque du week-end : The Limiñanas, accompagnés de musiciens impressionnants de maîtrise et de cohésion, capables d’hypnotiser une salle entière par la seule densité de leur groove, faisant parfois même de l’ombre aux fondateurs du groupe eux-mêmes. Et puis il y a cette dimension plus décalée, qui en a laissé plus d’un perplexe, et pourtant ! Un plaisir de retrouver des groupes complètement barrés, porteurs d’univers singuliers et de shows autant musicaux que visuels, comme Krav Boca (un show aussi bien visuel qu’auditif, entre pyrotechnie, démonstrations aériennes, le groupe punk-rap délivre une performance atypique et explosive qui a pour sur marqué les esprits ) ou encore Poesie Zero, Didier Super et son groupe Discount, qui véhiculent rire et critique, en musique, et toujours avec humour (même si cela peut parfois partir très loin on vous l’accorde!). Chaque concert devient un instant de folie, entre bruit, performance et dérision, qui donnent au festival une saveur unique.
Reste une ombre au tableau : l’avenir du Carnavalorock n’est pas assuré. Malgré une édition remarquable, l’incertitude plane, comme sur tant d’événements culturels locaux. Un rappel important : ces scènes ne tiennent debout que grâce à celles et ceux qui les soutiennent. Elles font vivre la culture, , rassemblent les générations et maintiennent une effervescence musicale indispensable. Alors on espère que le Carnavalorock saura encore faire vibrer Saint-Brieuc de nombreuses années !
